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Règles d’urbanisme Publié le

Le seuil des 150 m² et le recours à l’architecte

Ce qu’on compte pour l’atteindre, et les deux cas où on le franchit sans agrandir d’un mètre carré.

Plan de maison avec surface mise en évidence et maquette architecturale, projet fictif.

Le seuil est connu : 150 m². Ce qui l’est moins, c’est ce qu’on compte pour l’atteindre et, surtout, le fait que son franchissement n’impose le recours à un architecte que lorsque le projet relève d’un permis de construire.

Ce calcul décide de la suite : sous le seuil, Urbizen peut préparer votre permis de construire ; au-dessus, le recours à un architecte s’impose et le dossier change de main. Autant le faire avant de dessiner. Ce guide déroule le calcul exact, les cas où l’obligation ne s’applique pas, et les deux situations contre-intuitives qui prennent les projets de vitesse.

Ce que dit le texte, en entier

L’article R.431-2 du code de l’urbanisme dispense de recourir à un architecte les personnes physiques qui construisent ou font construire pour elles-mêmes, tant que reste sous le seuil réglementaire — 150 m² — soit la surface de plancher, soit l’emprise au sol de l’ensemble.

Trois éléments de cette phrase méritent d’être lus lentement, parce que chacun écarte un cas.

  • « Personnes physiques » — une société civile immobilière ne bénéficie pas de la dispense, quelle que soit la surface. Le premier mètre carré déclenche l’obligation.
  • « Pour elles-mêmes » — construire pour revendre, ou pour louer dans un cadre professionnel, sort du champ de la dispense.
  • « De l’ensemble » — le décompte additionne l’existant et la création. C’est le point que la plupart des projets découvrent trop tard.

Une précision de lecture. Le texte vise « soit la surface de plancher, soit l’emprise au sol ». Pour une maison individuelle, c’est en pratique la surface de plancher qui commande — le plafond de 150 m² est exprimé dans cette unité. Mais la formulation en vise bien deux, et c’est celle du code qu’il faut citer.

Le calcul, en trois temps

  1. Relever la surface de plancher existante, pièce par pièce, au sens de l’article R.111-22 : clos et couvert, sous plus de 1,80 m, mesuré au nu intérieur, déductions faites.
  2. Ajouter la surface de plancher créée, calculée de la même façon.
  3. Comparer le total à 150 m².

Le piège du premier temps. Ne partez pas de la surface habitable d’un acte de vente : elle ne se calcule pas de la même façon. La surface habitable au sens de la loi Carrez sert à la vente ; la surface de plancher au sens de R.111-22 sert à l’urbanisme, et l’écart entre les deux va dans les deux sens. Notre guide sur l’emprise au sol et la surface de plancher détaille la méthode de relevé.

Trois situations, trois résultats

Les projets ci-dessous sont fictifs. Ils portent tous sur une personne physique construisant pour elle-même.

SituationExistantCrééTotalArchitecte
Extension close sur une maison moyenne118 m²+ 22 m²140 m²Non
Extension close sur une maison plus grande135 m²+ 30 m²165 m²Oui
Garage de 30 m² aménagé pour stationner135 m²+ 0 m² (déduit)135 m²Non
Deuxième ligne : l’extension reste sous 40 m², et pourtant le permis de construire et l’architecte deviennent l’un et l’autre nécessaires.

Ce que montre la troisième ligne : la surface aménagée pour le stationnement des véhicules fait l’objet d’une déduction expresse. Bâtir 30 m² de garage n’ajoute donc rien au compteur — tant que le garage sert à garer.

Deux cas où le compteur monte sans agrandir

1. Transformer un garage en pièce de vie

Le jour où le garage cesse de servir au stationnement, la déduction tombe et ses mètres carrés entrent dans le compteur — sans qu’un seul mètre carré ait été construit. Une maison de 138 m² dont on transforme le garage de 18 m² passe à 156 m².

Depuis mars 2026, cela ne suffit plus à imposer un permis ni un architecte. La transformation de plus de 5 m² de garage clos et couvert en surface de plancher relève d’une déclaration préalable sans plafond, en application de l’article R.421-17 g). L’obligation de recourir à un architecte ne porte pas sur une déclaration préalable.

C’est le mécanisme détaillé sur notre page transformation d’un garage.

2. Aménager des combles

Les combles créent de la surface de plancher dès lors qu’ils sont clos et couverts et que la hauteur sous plafond dépasse 1,80 m. On ne déduit pas « les combles perdus » en bloc : on déduit ce qui est sous 1,80 m. Dans une charpente traditionnelle, la bande centrale dépasse souvent ce seuil.

Là encore, le toit ne bouge pas, et le compteur monte. Voir notre page fenêtre de toit, qui accompagne souvent ce type de projet.

Le lien avec la formalité

Les deux questions se croisent, et c’est ce croisement qui produit les cas contre-intuitifs.

En zone urbaine d’un plan local d’urbanisme, une extension de 20 à 40 m² relève de la déclaration préalable — sauf si les travaux portent la surface totale au-delà du seuil de l’article R.431-2. Dans ce cas, le permis de construire redevient obligatoire, et l’architecte avec lui.

Une extension de 25 m² peut donc appeler un permis de construire et un architecte, alors même qu’elle reste très en dessous des 40 m².

Notre guide DP ou permis de construire pose cette articulation sous forme d’arbre de décision.

Ce que l’obligation implique concrètement

Au-delà du seuil, le recours à un architecte pour établir le projet architectural n’est pas une formalité de plus : c’est une condition de recevabilité de la demande de permis. Le dossier porte sa signature et son numéro d’inscription à l’ordre.

Un dossier déposé sans, alors que le seuil est franchi, ne peut pas aboutir régulièrement. Ce n’est pas un point sur lequel une demande de pièces complémentaires rattrape la situation.

La position d’Urbizen, dite clairement. Nous préparons les dossiers et établissons les plans dans le cadre de la dispense, c’est-à-dire en deçà du seuil, pour un particulier construisant pour lui-même. Au-delà, l’intervention d’un architecte est requise par la loi et nous ne nous y substituons pas. Nous le disons avant d’engager quoi que ce soit — le calcul est la première chose que nous vérifions.

Les cas où la question ne se pose pas

  • Le projet relève d’une déclaration préalable. L’obligation de l’article R.431-2 porte sur la demande de permis de construire.
  • Le total reste nettement sous le seuil. Inutile de compter au décimètre près à 105 m² pour une extension de 20.
  • À l’inverse, le demandeur n’est pas une personne physique. La question ne se pose pas davantage — mais dans l’autre sens : l’obligation s’applique dès le premier mètre carré.

Si votre projet est une extension et que le calcul vous laisse un doute, la page extension de maison décrit la prestation, et le guide cinq vérifications avant de dessiner les plans place ce calcul dans l’ordre où il se fait. Tant que le total reste sous le seuil, Urbizen prépare le dossier de bout en bout : voir la préparation d’un permis de construire.


Sources — code de l’urbanisme, articles R.431-2 (dispense de recours à l’architecte, seuil et conditions), R.111-22 (surface de plancher et déductions), R.420-1 (emprise au sol), R.421-14 (retour au permis entre 20 et 40 m² en zone U) et R.421-17 g) (transformation de plus de 5 m² en surface de plancher soumise à déclaration préalable sans plafond). Textes consultés dans leur version en vigueur au 2 septembre 2026.

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